Joseph, fils de Jacob et Rachel, est celui qui tombe sans se briser et fait de l’épreuve une ouverture. Son nom signifie « qu’il ajoute », et sa vie enchaîne pertes et renaissances. D’abord fils préféré, il est vite trahi par ses frères et vendu comme esclave (Genèse 37).
En nous, plusieurs voix se disputent une même histoire : celles des frères, jalouses, qui veulent supprimer ce qui les dépasse, et Joseph, la part rejetée, exilée, qui pourrait s’enfermer dans la rancune. Ce qui le sauve, c’est un autre regard, sa capacité à lire ce qui se joue derrière le chaos, en lui comme chez les autres. Son retournement culmine dans le pardon : retrouvant ses frères, au lieu de se venger, il relit tout autrement, « Vous aviez voulu me faire du mal, mais l’Infini l’a transformé en bien » (Genèse 50,20).
C’est le moment où les voix ennemies cessent de s’affronter et se réconcilient dans une histoire plus vaste qu’elles. Ce regard qui unifie n’est pas celui du petit moi qui pèse ses torts, mais celui du Je-suis qui embrasse toute l’histoire et découvre que même ce qui a voulu nous détruire peut devenir chemin de vie.
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