La communion n’est pas une fusion où chacun perdrait son visage, ni la simple entente d’un groupe qui s’accorde. Ce vocabulaire de l’union confond souvent deux choses : se ressembler et se relier. Or communier, ce n’est pas devenir identiques, c’est reconnaître qu’un même Souffle circule entre des êtres qui demeurent distincts.
Le Logos, dit la tradition, « unit sans confondre et distingue sans séparer ». La communion tient dans ce paradoxe. En nous d’abord, où nos multiples voix ne sont pas appelées à se fondre en une seule couleur, mais à s’accorder comme les instruments d’un même chant. Entre nous ensuite, où le lien le plus vrai n’efface pas la singularité mais la révèle.
Elle n’est pas un idéal à produire, elle est déjà là, sous nos cloisonnements. Communier, c’est laisser tomber ce qui nous faisait croire séparés pour goûter la reliance qui n’avait pas cessé, cette Vie une qui se donne à travers la diversité de tout ce qui est.
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