Espace de spiritualité chrétienne ouvert à toute personne en recherche d'intériorité
Lexique non-duel de mots bibliques et spirituels
Peut-on vraiment dé-finir l’Infini, si définir signifie lui mettre une limite ?
Ce lexique est vivant, en perpétuelle évolution. Il se transforme au fil de vos questions et de la recherche commune à la Maison bleu ciel.
Les définitions proposées ici ne sont pas des vérités figées, mais des pistes, des invitations à explorer, à questionner, à reformuler. Provisoires, elles ouvrent un chemin, offrent des repères sans enfermer, éclairent sans figer le mystère. Si elles ne résonnent pas en vous, laissez-les de côté. Et si elles vous inspirent d’autres mots, d’autres formulations, suivez cet élan : c’est dans cette dynamique que ce lexique prend tout son sens.
Dans le domaine spirituel, les mots balbutient souvent. Ils ne sont que des éclats, des tentatives imparfaites pour pointer vers l’Indicible. Et au fil du temps, ils ont accumulé des couches, des interprétations, des rigidités qui les éloignent de leur source vive.
Les mots doivent être lavés pour retrouver leur limpidité. Ils ne prennent leur véritable sens que lorsqu’ils sont réaccordés à l’expérience, à la présence, à la résonance intime avec l’Essentiel. Ici, nous ne cherchons pas tant à les définir qu’à les laisser respirer à nouveau, à les délester de ce qui les alourdit pour qu’ils puissent redevenir ce qu’ils sont : des portes ouvertes vers l’Infini.
GethsémanéGethsémaéi est le lieu de l’ultime consentement. Ce jardin où Jésus traverse l’angoisse, où il voudrait que "cela passe", mais où il finit par dire "Que ta volonté soit faite."Nous avons tous et toutes un Gethsémané à traverser : ce moment où l’on touche sa propre peur, son propre vertige, et où l’on doit choisir entre la fermeture et la confiance. Gethsémané n’est pas une défaite, c’est un passage : l’endroit où tout semble se perdre, mais où, en vérité, tout se donne.
gloireLa gloire dans la tradition biblique n’a rien à voir avec les honneurs humains. Elle désigne la présence rayonnante de l’Essentiel, ce "poids", cette densité de l’Être qui éclaire tout sans s’imposer. Elle ne se mesure pas en succès ou en reconnaissance extérieure, mais en transparence à la Vie.
goûterGoûter n’est pas simplement une perception sensorielle, c’est une manière d’expérimenter la réalité directement, sans la réduire à des concepts ou à des croyances.Ignace de Loyola invite à cette approche dans les Exercices spirituels : "Ce n’est pas de savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme, mais de goûter et de sentir les choses intérieurement." Il ne s’agit pas d’accumuler des connaissances, mais d’entrer dans une expérience vécue, où l’Essentiel se perçoit dans la profondeur du cœur.La Bible dit : "Goûtez et voyez combien l’Infini est bon." (Psaume 34,9). Ce goût n’est pas celui des mots ou des idées, mais celui d’une Présence qui se laisse éprouver dans le silence, dans la prière, dans l’instant pleinement accueilli.Goûter, c’est se laisser transformer par ce qui est. Là où le mental veut saisir et comprendre, le goût invite à ressentir et à recevoir. L’Essentiel ne se prouve pas, il se goûte. Il est saveur, présence, expérience intime, offerte à chaque instant à qui ose s’ouvrir.
GrâceLa grâce n’est pas une récompense, ni une faveur divine arbitraire. Elle est un don, sans condition. Elle est simplement là, offerte à chaque instant, parfois évidente, parfois voilée par nos attentes.
gratitudeLa gratitude n’est pas un simple "merci" poli, ni une reconnaissance conditionnée par ce qui nous arrive. Elle est un état d’être, une manière d’habiter l’instant avec ouverture, sans attente ni appropriation.Dans la Bible, elle est souvent liée à la joie profonde : "En toute chose, rendez grâce." (1 Thessaloniciens 5,18). Elle ne dépend pas des circonstances, mais du regard posé sur elles. Être dans la gratitude, ce n’est pas seulement remercier pour ce qui est agréable, c’est dire oui à ce qui est, même lorsque l’épreuve est là, même lorsque le sens échappe.La gratitude n’est pas un effort, elle se révèle lorsqu’on cesse de comparer, de vouloir autre chose, de résister à ce qui est donné. Elle est la saveur d’un moment pleinement accueilli, la reconnaissance silencieuse que, dans l’instant, rien ne manque.Elle n’est ni naïveté ni résignation, mais un chemin de présence. Plus nous nous ouvrons, plus nous découvrons qu’il y a toujours quelque chose à recevoir, et que l’Essentiel est déjà là, offert, à chaque souffle.
guérisonLa guérison dont parlent les Écritures ne se limite pas au corps. Elle est un retour à l’unité, une réconciliation avec soi-même, avec l’Autre, avec la Vie.Guérir, ce n’est pas retrouver un état antérieur parfait, mais consentir à une transformation intérieure. Ce n’est pas effacer toute blessure, mais découvrir que, même traversé-e par la fragilité, nous sommes entier-ère-s.