séparation

La séparation n’est pas un fait qu’il faudrait constater, mais une manière de voir qui se prend pour la réalité. Nous nous vivons comme un moi isolé, coupé des autres, coupé du monde, coupé de la Source, et cette conviction paraît si évidente qu’on ne songe pas à la questionner. C’est pourtant elle, plus que toute faute, que les traditions nomment le vrai malheur de l’humain.

Elle n’est pas une erreur à corriger par un effort, ni un péché à expier. Elle est un voile sur le regard. En nous, la voix qui se croit seule juge, compare, redoute de manquer, défend son territoire ; une autre, plus profonde, sait qu’elle n’a jamais été entièrement coupée de rien. Tout le chemin non-duel consiste à laisser la seconde reconnaître ce que la première tenait pour impossible.

La séparation ne se combat pas, elle se dissout quand on cesse de la croire. Ce n’est pas le monde qui doit changer, c’est le regard : là où je me découvrais fragment isolé, le Je-suis affleure comme ce qui, en moi, n’a jamais quitté le Tout.

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