Lexique non-duel de mots bibliques et spirituels

Peut-on vraiment dé-finir l’Infini, si définir signifie lui mettre une limite ?

Ce lexique est vivant, en perpétuelle évolution. Il se transforme au fil de vos questions et de la recherche commune à la Maison bleu ciel.

Les définitions proposées ici ne sont pas des vérités figées, mais des pistes, des invitations à explorer, à questionner, à reformuler. Provisoires, elles ouvrent un chemin, offrent des repères sans enfermer, éclairent sans figer le mystère. Si elles ne résonnent pas en vous, laissez-les de côté. Et si elles vous inspirent d’autres mots, d’autres formulations, suivez cet élan : c’est dans cette dynamique que ce lexique prend tout son sens.

Dans le domaine spirituel, les mots balbutient souvent. Ils ne sont que des éclats, des tentatives imparfaites pour pointer vers l’Indicible. Et au fil du temps, ils ont accumulé des couches, des interprétations, des rigidités qui les éloignent de leur source vive.

Les mots doivent être lavés pour retrouver leur limpidité. Ils ne prennent leur véritable sens que lorsqu’ils sont réaccordés à l’expérience, à la présence, à la résonance intime avec l’Essentiel. Ici, nous ne cherchons pas tant à les définir qu’à les laisser respirer à nouveau, à les délester de ce qui les alourdit pour qu’ils puissent redevenir ce qu’ils sont : des portes ouvertes vers l’Infini.


(effacer)
  • k

  • La kénose (du grec kenosis, "se vider") est le mouvement d’abandon, de dépouillement intérieur qui ouvre à plus vaste.Dans la tradition chrétienne, elle est associée au Christ qui "s’est dépouillé lui-même", n’a pas retenu son rang, mais s’est fait serviteur (Philippiens 2,7). Ce n’est pas une perte, mais une offrande : lâcher ce qui enferme pour laisser la Vie circuler.La kénose n’est pas une négation de soi, mais une désappropriation : cesser de s’agripper à l’égo, aux identifications, aux attentes. C’est un vide fécond, un espace d’accueil où l’Essentiel peut advenir.Elle nous invite à marcher sans vouloir posséder, à aimer sans chercher à retenir, à exister sans être centré-e sur soi. Non dans un effacement stérile, mais dans une ouverture où l’Infini peut se dire à travers nous.

  • Kyrie eleison (Seigneur, prends pitié) n’est pas une supplication adressée à un juge sévère, ni une demande de clémence à une puissance extérieure.Ce cri, présent dans les liturgies anciennes, est moins une parole de culpabilité qu’un appel à l’Ouvert : une reconnaissance de notre vulnérabilité, de notre besoin d’être relevé-e, porté-e par plus grand que nous.Le mot pitié peut être trompeur. En hébreu, la miséricorde se dit rahamim, un mot issu de rehem, qui signifie matrice, entrailles. Demander la pitié divine, ce n’est pas implorer une indulgence distante, c’est s’ouvrir à cette tendresse "matricielle", cet amour inconditionnel qui nous enveloppe comme un sein maternel.Dire Kyrie eleison, ce n’est pas quémander une faveur, mais s’abandonner à la tendresse de l’Infini, laisser l’amour guérir, purifier, restaurer. Ce n’est pas un repli sur la faute, mais un souffle qui nous remet dans la Vie, une plongée dans la Source qui nous recrée, un abandon à l’Infini qui aime depuis les entrailles de la Vie elle-même.