désolation

La désolation n’est pas la tristesse ordinaire, ni le contrecoup d’une mauvaise journée. Elle est plus sourde et plus trompeuse : un mouvement intérieur qui referme.

Dans la tradition ignatienne, on la reconnaît à ce qu’elle replie sur soi, assèche, coupe du lien et souffle qu’il n’y a plus rien à espérer. Elle sait se déguiser en lucidité, se faire passer pour la voix du réel, mais elle ment toujours dans le même sens, celui de la séparation. En nous, c’est la part qui, dans la nuit, voudrait nous faire renoncer, tout remettre en cause, décider dans le noir.

Ignace en tirait une règle de bon sens : ne rien changer dans la désolation, ne pas prendre de décision quand tout s’est refermé, attendre que la lumière revienne. Non par passivité, mais parce que la voix qui parle dans l’obscurité n’est pas celle qui nous reconduit à la vie. La traverser sans la croire, c’est déjà cesser de lui obéir, et laisser le Je-suis rouvrir doucement ce qu’elle avait fermé. Voir aussi consolation, discernement.

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