La nature n’est pas ce décor extérieur devant lequel nous passons, ni une réserve de ressources à notre disposition. Cette vision, qui la place hors de nous, est peut-être la racine de bien des ravages. Elle n’est pas non plus un simple objet d’admiration esthétique, belle à regarder de loin.
On peut oser dire que la nature est une Parole, un des livres où l’Infini se dit. « Les cieux racontent la gloire de Dieu » (Psaume 19,2) : les arbres, les eaux, le vent ne sont pas muets pour qui apprend à écouter. Nous ne sommes pas devant elle mais en elle, faits de la même terre, traversés du même Souffle, si bien que la mépriser, c’est nous mépriser nous-mêmes.
Se relier à la nature, ce n’est donc pas retourner à un état perdu, c’est reconnaître qu’elle nous parle et nous regarde autant que nous la regardons. Là où nous cessons de la tenir pour un dehors, elle devient miroir et présence, et le Vivant en elle répond au Vivant en nous.
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