La tristesse n’est pas un ennemi à chasser, ni un signe qu’on aurait échoué à être en paix. On voudrait souvent s’en défaire au plus vite, alors qu’elle vient dire quelque chose d’important.
Elle surgit lorsque quelque chose en nous prend acte d’une perte, d’une fin, d’un détachement devenu nécessaire. Elle nous relie à ce qui est fragile et précieux. Elle peut être le deuil d’un être ou d’une situation, mais aussi de nos illusions, de ce que nous croyions devoir être. En cela, elle ne ment pas : elle touche une vérité que la gaieté forcée recouvrirait.
La tristesse devient féconde lorsqu’elle est accueillie sans qu’on s’y installe, traversée plutôt qu’entretenue. Habitée avec douceur, elle ouvre à une tendresse plus vaste, elle dépouille de ce qui encombrait, elle peut même devenir une porte vers la consolation. Elle n’est pas le contraire de la joie profonde : elle en est parfois le chemin.
Voir aussi acédie.
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