Trinité

Le mot fait fuir, et l’on comprend pourquoi. Il évoque un casse-tête arithmétique, trois qui font un, une formule à croire sans la comprendre, imposée comme test d’orthodoxie. Beaucoup y ont vu la preuve que la religion demandait de renoncer à sa raison.

Mais la Trinité n’est pas un problème de calcul, et elle ne parle pas de trois individus divins. Elle tente de dire, avec les mots pauvres dont on dispose, que l’Infini n’est pas une solitude figée mais une vie, un mouvement, une relation.

On peut l’entendre de deux manières qui se rejoignent. La première : l’Un ne se donne pas d’une seule façon. Il est la Source insaisissable, il est son expression qui prend forme et visage, il est le Souffle qui relie l’une à l’autre. Non trois êtres, mais trois manières dont l’unique Présence se déploie.

La seconde, plus intérieure : si « Dieu est amour », alors l’amour n’existe jamais seul. Il y a toujours celui qui donne, celui qui reçoit, et l’élan vivant qui circule entre les deux. La Trinité dit que l’Essentiel est cette circulation même, ce don qui ne cesse de se donner.

Vue ainsi, elle n’est pas un dogme à avaler mais une expérience à reconnaître. Chaque fois que l’amour circule sans se retenir, quelque chose de cette vie affleure en nous.

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