La semence n’est pas d’abord une promesse de rendement, ni une image de mérite où l’on récolterait ce qu’on a produit. Elle dit un mystère plus déroutant : il faut que le grain disparaisse pour que quelque chose naisse.
« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12,24). Ce n’est pas un éloge du sacrifice, c’est la loi du vivant : ce qui s’ouvre et se laisse défaire devient fécond, ce qui se garde intact reste stérile.
En nous, la semence est ce qui accepte de lâcher sa forme ancienne pour devenir autre. Nous portons des grains en attente, des possibles enfouis. Ils ne germent pas tant que nous les tenons serrés dans la main ; ils lèvent quand nous consentons à les confier à la terre.
