Rahab est une figure surprenante. Présentée comme une prostituée de Jéricho (Josué 2,1), elle est aussi celle qui accueille et protège, qui choisit la confiance quand tout autour n’est que peur. Quand les espions de Josué arrivent, elle les cache et les aide à s’échapper.
En nous vivent deux voix : celle de la cité fortifiée, qui craint l’inconnu et se barricade, et Rahab, qui pressent qu’un mouvement plus vaste advient et ose y consentir. Elle ne se cramponne pas aux murailles de Jéricho, elle laisse d’abord tomber en elle les murs de la séparation. Le fil rouge qu’elle attache à sa fenêtre dit cette confiance qui relie le dedans et le dehors.
Rahab, loin d’être rejetée, entre dans la lignée de Jésus (Matthieu 1,5) : ce que nous jugions indigne en nous est souvent ce qui reconnaît la promesse avant le reste. Elle est la part qui ose quitter les sécurités apparentes, et qui découvre que ce n’est pas l’appartenance qui nous relie, mais le Je-suis reconnu au-dedans, plus vaste que toute muraille.
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