paix

La paix n’est pas d’abord l’absence de conflit, ce calme provisoire qui dure tant que rien ne vient le troubler. Cette paix-là dépend des circonstances et s’effondre avec elles. L’hébreu Shalom en dit bien davantage : une plénitude, un être entier où rien ne manque et où tout est à sa juste place.

C’est pourquoi elle peut habiter même la tempête. Jésus le dit à ses proches : « je vous donne ma paix, je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jean 14,27). Non un répit arraché aux événements, mais un accord intérieur qui ne tient pas à eux. En nous, la paix advient quand les voix cessent de s’opposer, quand celle qui veut, celle qui craint et celle qui juge consentent à se taire ensemble.

Elle ne se conquiert pas, elle se reçoit lorsque la lutte s’apaise. Faire la paix en soi, c’est laisser toutes nos parts se réconcilier dans un même Souffle, et découvrir qu’elle était là, sous l’agitation, comme le fond calme d’une eau que les remous seuls nous cachaient.

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