Peu de mots font autant fuir. L’obéissance évoque la soumission, l’écrasement de la liberté, l’ordre reçu d’une autorité qu’on ne discute pas. On l’a trop souvent confondue avec la docilité, et l’on comprend qu’elle soit devenue suspecte.
Mais la Bible en dit tout autre chose. Le mot latin ob-audire contient audire, écouter ; et en hébreu, obéir et écouter sont un seul et même verbe. Obéir, dans les Écritures, ce n’est pas se plier, c’est écouter, et écouter amoureusement, parce qu’on vit dans la confiance. Le « Écoute, Israël » est au cœur de la foi : non un ordre, mais un appel à tendre l’oreille du cœur.
Ainsi comprise, l’obéissance n’est pas le contraire de la liberté, elle en est la forme la plus haute : s’ajuster à ce qui est juste parce qu’on l’a entendu au-dedans. Quand Jésus dit « non pas ma volonté, mais la tienne » (Luc 22,42), il ne se soumet pas, il consent, dans la confiance, à plus vaste que son vouloir. Obéir, au fond, c’est écouter assez, et avec assez de confiance, pour ne plus se sentir contraint.
Voir aussi écouter, volonté, abandon.
« Retour au lexique