ombre

L’ombre n’est pas le mal en nous, ni une part honteuse qu’il faudrait éliminer. On la confond avec ce qui serait mauvais, alors qu’elle est simplement ce que nous avons refusé de regarder.

L’ombre, c’est tout ce que nous avons mis de côté, jugé inacceptable, relégué hors de notre image de nous-mêmes : une colère, un désir, une faiblesse, parfois même une force qui nous faisait peur. Rejetée, elle ne disparaît pas ; elle agit dans le dos, se projette sur les autres, resurgit là où on ne l’attend pas.

Dans une lecture intérieure, l’ombre est cette part exilée qui demande non à être combattue, mais reconnue. « La lumière brille dans les ténèbres » (Jean 1,5) : elle ne les supprime pas, elle les habite et les éclaire. S’unifier, ce n’est pas devenir tout lumière, c’est cesser de faire la guerre à ses propres ténèbres, pour découvrir qu’elles aussi peuvent être traversées de clarté.

Voir aussi bouc, ennemi.

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