Le jeûne n’est pas une privation qui plairait à un Dieu exigeant, ni une performance d’ascèse où l’on mesurerait sa volonté. Il n’y a rien à mériter en se faisant souffrir.
Jeûner, c’est faire de la place. C’est alléger ce qui encombre pour retrouver une faim plus essentielle, celle que nos satisfactions immédiates recouvrent sans jamais l’apaiser. Le jeûne ne concerne pas que la nourriture : on peut jeûner de bruit, d’écrans, de mots, de tout ce qui remplit sans nourrir.
Ce n’est pas un appauvrissement, mais un dépouillement qui rend disponible. Le vide qu’il creuse n’est pas une perte, c’est un espace où quelque chose de plus vivant peut se faire entendre.
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