L’incarnation n’est pas la descente d’un Dieu lointain venu momentanément visiter la terre avant de repartir. Cette image garde l’idée d’un ciel séparé du monde, qu’elle prétend pourtant abolir.
Incarner veut dire prendre chair. L’incarnation dit que l’Infini ne se tient pas ailleurs, qu’il n’a pas de dehors : il se donne dans la matière, dans un corps, dans l’ordinaire d’une vie humaine. « Le Verbe s’est fait chair » (Jean 1,14).
Ce n’est pas un événement unique et clos. Chaque fois que l’Essentiel prend corps dans un geste, une présence, une tendresse concrète, l’incarnation continue. Le spirituel n’est pas au-dessus du charnel, il le traverse.
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