grâce

La grâce n’est pas une récompense qui viendrait couronner nos efforts, ni une faveur accordée à certain-e-s et refusée à d’autres. Elle n’est pas non plus une intervention venue d’ailleurs pour suspendre le cours des choses. Dès que nous croyons devoir la mériter, nous l’avons déjà manquée, car elle précède tout mérite et tout calcul. La grâce est la gratuité même de ce qui est : le souffle qui nous traverse sans que nous l’ayons demandé, le fait d’être là. Elle ne s’ajoute pas à la vie, elle en est le fond silencieux. En nous, une voix tient les comptes, veut prouver sa valeur, cherche à être digne ; une autre, plus profonde, sait que rien n’est dû et que tout est offert. La grâce se reconnaît quand cette seconde voix affleure, quand nous cessons de compter. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4,7) : cette parole ne nous rabaisse pas, elle nous allège. Recevoir la grâce, ce n’est pas obtenir quelque chose de plus, c’est s’ouvrir à ce qui, depuis toujours, nous était donné.

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