Foi

Beaucoup ont quitté l’Église sur un malentendu à propos de ce mot. On leur avait dit qu’avoir la foi, c’était adhérer à des énoncés, croire des choses invraisemblables sans les comprendre. N’y parvenant pas, ils se sont crus sans foi et sont partis. Mais ce qu’ils rejetaient, ce n’était pas la foi, c’était la croyance.

La foi n’est pas une certitude mentale, ni la possession d’une vérité qu’on défendrait. Elle ne s’oppose ni au doute ni à la raison. Elle est d’un autre ordre que le savoir : une confiance, une manière de s’en remettre à plus vaste que soi sans tout comprendre.

On peut n’avoir aucune croyance arrêtée et vivre dans une foi profonde ; on peut réciter toutes les formules et n’avoir aucune foi. La croyance tient dans la tête, la foi engage l’être entier. L’une affirme, l’autre fait confiance.

Dans les Évangiles, Jésus ne demande jamais d’adhérer à un dogme. Il dit « ta foi t’a sauvé » à des gens qui n’ont récité aucun credo, mais qui ont osé s’ouvrir, tendre la main, faire confiance. La foi y est un mouvement, un élan du cœur, pas un contenu.

Avoir la foi, c’est donc oser avancer dans le clair-obscur, faire un pas sans voir tout le chemin, en s’appuyant non sur des preuves mais sur une relation vivante avec l’Essentiel. Elle ne supprime pas l’incertitude, elle la traverse.

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