Dorcas, aussi appelée Tabitha (Actes 9,36-42), est une femme discrète dont la générosité fait vivre les gestes les plus ordinaires. Son nom signifie « gazelle », image de grâce et de vivacité. Elle ne prononce pas un mot dans le récit, et c’est justement sa force : en nous, elle est cette voix qui n’argumente pas, qui aime en faisant, qui coud pour les veuves et les plus démunis ce dont ils ont besoin.
Lorsqu’elle meurt, celles et ceux qu’elle a soignés montrent à Pierre les vêtements qu’elle avait faits, comme la trace visible d’un amour incarné, et Pierre prie et la relève. Cette part de nous ne se manifeste pas dans les grandes déclarations, mais dans le soin repris jour après jour, là où l’amour prend corps dans la matière.
Elle nous apprend que ce qui a été donné ne se perd pas, et que le Je-suis ne se dit pas seulement dans le silence de l’oraison, mais dans les mains qui donnent, quand c’est la Vie elle-même qui aime à travers nous.
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