culpabilité

La culpabilité n’est pas la lucidité sur nos actes, même si on les confond souvent. Reconnaître qu’on a blessé quelqu’un, c’est se tourner vers lui et chercher à réparer ; se sentir coupable, c’est bien souvent se replier sur soi et tourner en rond autour d’un moi qui se juge.

Or ce moi qui condamne n’est pas notre être profond. Il est cette part qui se croit séparée, jugée du dehors, sommée de prouver sa valeur. La faute qu’elle rumine suppose un tribunal, et ce tribunal n’existe que dans l’illusion de la séparation. Le regard qui nous accuse sans fin n’est jamais celui de la Source, qui ne juge pas mais relève.

La culpabilité entretenue n’a donc jamais guéri personne, elle ne fait qu’alimenter cette voix qui coupe de la Vie. Ce qui libère n’est pas de se punir, mais de voir clair, de nommer ce qui fut, et de se laisser rejoindre là où l’on s’était exclu-e soi-même.

La culpabilité enferme dans un moi qui se croit à part ; la responsabilité, elle, remet en mouvement et rouvre le lien.

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