cœur

Le cœur, dans la Bible, n’est pas le siège des sentiments qu’il désigne pour nous, ce lieu tendre opposé à la raison. L’hébreu leb dit tout autre chose : le centre de l’être, là où l’on pense, où l’on décide, où l’on écoute. C’est de lui que Salomon demande qu’il soit « à l’écoute » (1 Rois 3,9), non d’une émotion mais d’une profondeur.

En nous, le cœur est ce point où les voix se rassemblent quand elles cessent de se disputer la surface. Le mental raisonne, l’ego revendique, la peur anticipe ; le cœur, lui, est plus bas, plus silencieux, il perçoit d’un coup ce que l’analyse mettrait des heures à démonter. La tradition parle de descendre du mental dans le cœur, non pour renoncer à l’intelligence, mais pour la relier à sa source.

Habiter son cœur, ce n’est donc pas s’attendrir, c’est se tenir en ce lieu unifié où le Je-suis se reconnaît, ce fond de l’être que ni le bruit des pensées ni l’agitation des désirs ne peuvent atteindre.

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