L’acédie n’est pas une simple fatigue passagère, ni la paresse dont on l’a longtemps accusée. Les Anciens la connaissaient bien, ce dégoût sourd qui s’installe quand plus rien ne semble valoir la peine, quand le goût de vivre s’éteint sans raison claire.
Elle se manifeste comme une lassitude de tout, de soi, des autres, du chemin, parfois même de ce qu’on cherchait avec le plus d’ardeur. Rien ne parle plus, rien ne répond. On croit alors que c’est définitif, que rien ne changera, et cette certitude est le vrai piège, car elle nous enferme dans le repli.
Mais l’acédie n’est pas seulement une fermeture. Sous l’apparence du découragement, elle est souvent une demande muette de réveil, le signe qu’un élan s’est perdu et cherche à se réorienter. Elle ne se combat pas de front. Reconnue et traversée sans complaisance, elle peut devenir le passage vers une espérance plus nue, moins suspendue à nos attentes.
Voir aussi tristesse.
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