On a fait d’Abraham le modèle de l’obéissance aveugle, l’homme prêt à tout, même au pire, pour un ordre venu d’en haut. C’est oublier ce qui le met en marche.
Abraham est d’abord le père des chercheur-se-s de l’Invisible, celui qui quitte ses sécurités, qui marche vers un ailleurs qu’il ne connaît pas (« Va vers toi-même. » - Genèse 12,1, selon une autre lecture possible).
Il ne s’agit pas seulement d’un voyage géographique, mais d’un voyage intérieur : lâcher ce qui enferme, sortir des cadres trop étroits, oser la confiance même quand tout semble incertain.
Abraham est celui qui découvre que l’Infini ne demande pas de sacrifices sanglants, mais un cœur ouvert. Son chemin n’est pas celui d’un héros parfait, mais d’un homme qui apprend, pas à pas, à s’abandonner à ce qui le dépasse.
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