Ruth

Ruth n’est pas d’abord l’aïeule lointaine d’une généalogie, un nom dans une liste. Elle est l’étrangère qui choisit, celle dont la fidélité fait tomber les frontières du sang et de l’appartenance.

Moabite, veuve, sans attache, elle pourrait rentrer chez les siens. Mais elle s’attache à Noémi, sa belle-mère, par une parole d’une beauté nue : « Où tu iras j’irai, ton peuple sera mon peuple » (Ruth 1,16). Ce n’est pas un devoir, c’est un lien librement choisi, plus fort que l’origine.

Ruth l’étrangère entre dans la lignée d’où naîtra David, et plus tard Jésus. En nous, elle est cette part qui ose quitter le connu pour un lien vrai, qui reconnaît que l’appartenance ne tient pas au sang mais à la fidélité du cœur. Elle prolonge ce que dit Rahab : l’Infini ne regarde pas les origines, il accueille qui s’approche avec confiance.

Voir aussi Rahab, xénos.

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