Le prochain n’est pas d’abord un devoir moral, quelqu’un qu’il faudrait aimer par obligation ou par vertu. Cette lecture pèse et culpabilise, et elle manque l’essentiel.
Le mot dit ce qui est proche, ce qui s’approche. Dans la parabole du Samaritain, Jésus renverse la question : on lui demande « qui est mon prochain ? », comme pour délimiter à qui l’on doit quelque chose, et il répond en montrant qui s’est fait proche du blessé. Le prochain n’est pas une catégorie de gens, c’est une manière de s’approcher.
Aimer son prochain « comme soi-même » ne veut pas dire l’aimer en plus de soi, mais reconnaître qu’il n’est pas séparé de soi. Dans une lecture non-duelle, l’autre et moi puisons à la même Vie. Se faire proche, c’est cesser de tracer une frontière entre ce qui mérite mon amour et ce qui en serait exclu, y compris en moi-même.
Voir aussi Samaritain.
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