chair

La chair n’est pas le contraire de l’esprit, ni cette part impure qu’une longue tradition a voulu mater. On a opposé la chair à l’âme comme le bas au haut, et l’on a fait de la vie spirituelle une lutte contre le corps. C’est un contresens.

La chair désigne notre condition d’êtres fragiles et mortels, faits de matière, de désir, de limites. Elle n’est pas ce qui nous éloigne de l’Essentiel, elle est le lieu même où il se donne. « Le Logos s’est fait chair » (Jean 1,14) : l’Infini ne dédaigne pas la chair, il l’épouse.

Là où le corps est le lieu vivant que nous habitons, la chair dit cette humanité vulnérable, traversée de faim et de fini, que nous partageons avec tout ce qui vit. La reconnaître, ce n’est pas s’y résigner, c’est cesser de la mépriser pour découvrir que le spirituel ne se gagne pas contre elle, mais à travers elle.

Voir aussi corps, incarnation.

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