Le mot a deux visages qu’on confond souvent. Il y a la conscience morale, celle qui juge, qui dit « c’est bien, c’est mal », qui pèse nos actes et parfois nous accable. Elle est utile pour vivre ensemble, mais elle n’est pas ce dont il s’agit ici, et prise pour le tout, elle enferme dans le tribunal intérieur.
Il y a une autre conscience, plus profonde et plus silencieuse : non celle qui juge, mais celle qui voit. Ce simple fait d’être présent, de percevoir, d’être là avant même toute pensée. Elle ne dit rien, elle accueille. Elle est l’espace dans lequel les pensées, les émotions et les jugements vont et viennent, sans être aucun d’eux.
Cette conscience-là n’est pas quelque chose que nous avons, elle est ce que nous sommes au plus profond. Nos humeurs passent, nos idées changent, mais ce qui les regarde passer demeure. C’est ce fond stable que la tradition nomme le Je-suis, cette présence qui est en chacun et qui ne se réduit à aucun contenu.
S’éveiller, ce n’est pas acquérir une conscience nouvelle, c’est cesser de s’identifier à ce qui passe pour se reconnaître comme cet espace qui accueille tout. Non le juge, mais le témoin silencieux.
Voir aussi Je-suis.
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