Rachel est celle qui est aimée dès le premier regard, celle pour qui Jacob travaille sept ans, qui lui paraissent « quelques jours, tant il l’aimait » (Genèse 29,20). Mais elle est aussi celle qui traverse l’attente et la souffrance, qui porte en elle un désir inassouvi avant d’enfanter.
Son nom signifie peut-être « brebis », image de douceur et de vulnérabilité. Pourtant, sa vie est marquée par la rivalité, la stérilité, l’épreuve du manque. Elle voit sa sœur Léa enfanter facilement tandis qu’elle-même demeure sans enfant. Dans sa douleur, elle crie à Jacob : « Donne-moi des fils, sinon je meurs ! » (Genèse 30,1).
Mais la fécondité ne se maîtrise pas. Lorsqu’enfin elle enfante Joseph, son premier fils, elle prononce un nom qui signifie « qu’il ajoute », signe que son désir va toujours au-delà.
Rachel meurt en donnant naissance à son second fils, Ben-Oni, « fils de ma douleur », que Jacob rebaptise Benjamin, « fils de la droite » (Genèse 35,18). Son départ est une traversée, une transformation : de la souffrance naît une bénédiction.
En nous, Rachel est la part qui espère, qui désire, qui porte en elle un vide avant qu’il ne devienne plénitude. Elle est l’amour qui ne se possède pas, la fécondité qui naît du manque, le passage du cri à l’offrande.
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