Séphora

Séphora, épouse de Moïse, apparaît discrètement dans les Écritures, mais elle se tient à un moment charnière, dans un entre-deux mystérieux (Exode 4,24-26), au seuil du grand passage vers la libération.

Elle n’est pas dans la lumière, mais elle agit là où quelque chose se noue entre la vie et la mort. Dans un épisode énigmatique, c’est elle qui accomplit un geste de sang pour préserver Moïse, comme si elle rétablissait le lien entre l’humain et l’Alliance.

En nous, Séphora est cette présence féminine intérieure qui veille dans l’ombre, qui connaît les passages sans bruit, qui agit quand il n’y a plus de mots. Elle incarne la sagesse intuitive, la fidélité silencieuse, la force qui n’a pas besoin de s’imposer.

Elle nous rappelle que la traversée vers l’Essentiel ne se fait pas sans cette part de nous qui sait sans expliquer, qui ressent sans dominer, qui protège sans bruit.
Séphora, c’est le seuil gardé par la présence féminine, celle qui veille sur l’instant où tout peut basculer vers la vie.

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