Jésus est d’abord un être singulier, ancré dans l’histoire, né dans un temps et un lieu donnés. Il marche, parle, enseigne, aime, souffre, meurt. Il vit pleinement sa condition humaine et en révèle la profondeur.
Mais il n’est pas seulement un personnage historique, un prophète ou un maître spirituel. Il est « celui qui traverse » : la faim, la peur, les attachements, les illusions, la souffrance, la mort elle-même. Il témoigne que rien ne peut enfermer la Vie.
Jésus est celui qui ne retient rien, qui ne s’agrippe ni au pouvoir, ni à une identité figée. Il est pure disponibilité, présence offerte. Son chemin est un chemin de kénose, un dépouillement qui ouvre à l’Essentiel. Ainsi, il incarne pleinement le « Fils de l’humain », celui qui ne s’identifie plus aux jeux de l’ego.
Lorsqu’il dit « Je suis », il ne parle pas de lui en tant qu’individu séparé, mais du « Je-suis » vivant en chacun-e, cette conscience profonde où toute division s’efface, qui embrasse le fini et l’Infini, qui relie le multiple à l’Un.
Dans cette transparence à l’Infini, Jésus devient le Christ, non comme un titre extérieur, mais comme l’expression vivante de l’Unité. Il incarne l’union du fini et de l’Infini, du visible et de l’Invisible, de l’humain et du divin.
Mais le Christ n’est pas un personnage extérieur à suivre de loin. Il est une réalité à éveiller en soi. « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » (Galates 2,20).
Jésus ne nous montre pas un chemin extérieur, mais une voie intérieure, un espace où l’Unité se révèle, où la Présence peut s’ouvrir en nous, ici et maintenant.
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