eau

L’eau est à la fois origine et passage, mémoire et renouvellement. Elle est le premier élément de la Genèse, la matrice d’où tout naît : « L’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. » (Genèse 1,2). Elle est aussi l’eau du ventre maternel, celle qui porte la vie avant même qu’elle n’émerge à la lumière.

Dans la Bible, l’eau purifie et transforme. Elle est celle du Déluge qui nettoie pour recommencer, celle de la mer Rouge qui s’ouvre pour libérer, celle du baptême qui invite à une naissance nouvelle. « Si quelqu’un ne renaît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume. » (Jean 3,5).

L’eau ne se possède pas, elle se reçoit. Elle enseigne le lâcher-prise, l’abandon au courant plus vaste. Lorsqu’elle stagne, elle devient lourde, lorsqu’elle coule, elle vivifie. Elle est une invitation à laisser la Vie circuler en nous, à ne pas retenir ce qui doit s’écouler.

Mais l’eau est aussi celle de la soif, du désir profond qui traverse l’être. « Donne-moi à boire. » (Jean 4,7) dit Jésus à la Samaritaine. L’eau que nous cherchons à l’extérieur pointe vers une source intérieure, un espace en nous où l’Infini se donne sans mesure.

Boire, c’est s’ouvrir au Vivant, c’est laisser l’Essentiel nous désaltérer de l’intérieur. Là où l’eau coule librement, la vie s’épanouit. Là où nous cessons de vouloir retenir ou contrôler, nous découvrons cette source en nous, qui ne s’épuise jamais.

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