Le mot peut surprendre, et même inquiéter, tant il évoque la perte de contrôle. Pourtant la transe n’est ni une fuite hors du réel ni une anomalie : c’est une capacité naturelle de l’être humain, connue et pratiquée de tout temps dans des cadres rituels et contemplatifs. Nous l’avons tous éprouvée sans toujours la nommer, dans un concert où la musique fait vibrer la salle à l’unisson, dans une prière profonde, dans la danse.
La transe désigne un état élargi de conscience où la perception s’ouvre au-delà des filtres habituels du mental. On pourrait même dire que notre état de veille ordinaire est lui-même une forme de transe, celle qui nous enferme dans les automatismes de l’ego et la division moi/monde. Entrer en transe au sens libérateur, c’est sortir de cette hypnose quotidienne pour habiter un espace plus vaste et plus relié.
Elle prend mille visages : méditation, chant, danse, respiration consciente, rencontre intense avec la nature ou l’autre. Ce qui compte n’est pas la technique, mais la qualité du cadre et de l’intention. Une expérience juste ne coupe pas du monde, elle y renvoie plus ouvert, plus ancré. Les textes bibliques en sont traversés, de la Pentecôte aux visions des prophètes.
Pour en savoir plus, lire Brigitte Chavas, En quête de transe. Vers la liberté d’être, Véga, 2026.
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