respiration holotropique

La respiration holotropique est une pratique développée dans les années 1970 par le psychiatre tchèque Stanislav Grof et son épouse Christina, à partir de leurs recherches sur les états élargis de conscience. Le mot vient du grec holos, entier, et trepein, se diriger vers : une respiration qui oriente vers la totalité de l’être.

Le principe est d’une simplicité déconcertante : en accélérant et en approfondissant le rythme respiratoire, accompagné d’une musique soigneusement choisie et d’un cadre sécurisé, le corps et la psyché entrent naturellement dans un état élargi de conscience¹. Sans substance, sans technique complexe - juste le souffle, porté par la musique, dans un espace de confiance. Ce que le corps sait faire, quand on lui en donne la permission.

On ne perd pas conscience. On l’élargit. La vigilance reste présente, mais elle s’ouvre à des dimensions de soi qui restent habituellement hors de portée : des images, des émotions longtemps enfouies, des sensations intenses, parfois une impression de vastitude ou de paix profonde. On ne pilote pas l’expérience, on l’accompagne. Et on peut décider de l’arrêter à tout moment. C’est en cela que cette pratique rejoint ce que toutes les grandes traditions spirituelles ont toujours su : le souffle est une porte. La Bible elle-même l’entend ainsi, dès la création - Dieu insuffla dans ses narines un souffle de vie (Genèse 2,7) - et le récit de la Pentecôte en est une autre image saisissante : un souffle inattendu qui traverse un groupe et ouvre une perception nouvelle.

La respiration holotropique ne remplace pas une psychothérapie ni un chemin spirituel. Elle peut les approfondir. Elle demande un cadre sérieux, un accompagnement formé, et un temps d’intégration après l’expérience¹.


¹ Brigitte Chavas, En quête de transe. Vers la liberté d’être, Véga, 2026.

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