Le Samaritain est celui qui ne détourne pas le regard. Là où d’autres passent sans s’arrêter, il voit, s’approche et prend soin (Luc 10,25-37). C’est la part de moi qui se fait proche de ma propre blessure.
Dans la tradition juive, les Samaritains étaient considérés comme des étrangers, rejetés pour leur culte différent. Pourtant, c’est l’un d’eux que Jésus choisit pour incarner la vraie compassion. Là où le prêtre et le lévite, figures religieuses respectées, passent à distance, le Samaritain s’arrête, touche et soigne.
Mais ce blessé au bord du chemin, c’est aussi moi. Il représente ces parts de moi laissées de côté, oubliées, méprisées, celles qui ont été blessées et abandonnées.
Le Samaritain en moi, c’est cette part capable de se faire proche de ce que je préfère fuir. Non pour juger ou analyser, mais pour prendre soin, panser, écouter, accompagner ce qui souffre en moi.
Se faire proche, c’est cesser de séparer ce qui en moi mérite d’être aimé et ce qui devrait être rejeté. Là où je cesse de m’exclure moi-même, un chemin de réconciliation s’ouvre, et avec lui, un passage vers l’Essentiel.
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