Ce rituel n’est pas une simple mémoire du passé, mais une invitation à nourrir le « Je-suis » en nous. Jésus l’institue pour nous rappeler ce que nous oublions sans cesse : notre identité profonde ne réside pas dans ce que nous possédons, mais dans le « Je-suis » qui nous habite et nous conduit au-delà de la vie que nous nous sommes construite.
Nous avons besoin de signes pour en faire mémoire. Dans notre quotidien, nous sommes comme un puits bouché qui a oublié qu’il contenait la source. Ce repas est là pour creuser notre faim de Vie, réveiller en nous l’élan vers l’Essentiel.
Le pain représente ses paroles : les mâcher, les méditer, les assimiler jusqu’à ce qu’elles deviennent vivantes en nous. Le vin est sa vie donnée : boire son sang, c’est entrer dans cette même ouverture du cœur, où il n’y a plus de séparation entre l’humain et l’Infini.
Mais ce repas est aussi une question : de quoi avons-nous vraiment faim ? Au-delà de nos besoins terrestres, une faim plus essentielle nous habite : celle de la Présence, du Je-suis.
Jésus dit : « Je suis le pain de vie. » (Jean 6,35). Manger ce pain, boire ce vin, c’est laisser le Je-suis prendre chair en nous, devenir ce que nous recevons. Car la Vie ne s’accumule pas, elle circule, elle se donne.
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