Le Je-suis n’est pas un simple « moi », ni une affirmation d’identité individuelle. Il est la Présence pure, la conscience qui est avant toute forme, avant tout rôle, avant toute séparation.
Nous sommes constitués de trois dimensions : le corps, qui nous relie à la matière et au vivant, la psyché, qui porte nos pensées, nos émotions, nos mémoires, et le Je-suis, la conscience profonde, ce qui demeure au-delà de tout mouvement.
Dans la Bible, lorsque Moïse demande à l’Infini son nom, la réponse est : « Je suis celui qui suis/qui deviens » (Ehyeh Asher Ehyeh, Exode 3,14). Ce n’est pas un nom figé, mais un mouvement, un être en devenir, un Souffle qui ne se laisse enfermer dans aucune définition.
Jésus reprend cette parole en osant dire « Moi, Je-suis » (en grec ancien: ego eimi), affirmant ainsi l’unité avec l’Être qui est, ici et maintenant. Ce Je-suis n’est pas un « moi » séparé des autres, mais le Je universel, l’Être vivant en chacun-e, ce qui demeure au-delà des identifications.
Certain-e-s l’appellent le maître intérieur, non comme une entité distincte, mais comme Ce qui sait en nous, qui voit au-delà des illusions, qui est déjà relié à l’Essentiel.
En nous, le Je-suis est ce qui précède nos noms, nos histoires, nos attachements. C’est le point d’unité au cœur de l’être, la Présence que rien ne peut limiter. Quand nous cessons de nous prendre pour une identité construite, nous découvrons que nous sommes déjà là, pleinement, sans rien ajouter ni retirer.
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