L’aumône n’est pas un geste de condescendance ni un simple devoir moral. Elle n’est pas un don qui place celui ou celle qui donne au-dessus de celui ou celle qui reçoit.
Dans la tradition biblique, l’aumône est un acte de justice (tsedaqah en hébreu) autant qu’un acte de miséricorde. Elle n’est pas une faveur accordée, mais la reconnaissance que ce que nous possédons ne nous appartient pas en propre. Donner, c’est rétablir un équilibre, laisser circuler ce qui est destiné à être partagé.
Mais l’aumône véritable ne se limite pas aux biens matériels. Elle est un mouvement du cœur qui se défait de la possession, qui donne sans attente de retour, qui offre sans se glorifier. « Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Matthieu 6,3) : c’est un dépouillement du moi, un abandon du besoin de se croire généreux-se.
L’aumône est un exercice d’allègement intérieur : donner pour ne pas s’encombrer, offrir pour ne pas s’attacher, partager pour se souvenir que la vraie richesse est dans le lien, et non dans l’accumulation.
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