Le serpent n’est pas seulement un symbole du mal ou de la tentation. Dans la Bible, il incarne une force ambivalente : celle qui réveille, qui questionne, qui met en mouvement. Il est à la fois ce qui trouble l’innocence et ce qui ouvre la conscience.
Dans le récit de la Genèse, le serpent n’introduit pas le mal comme une puissance extérieure, mais il vient révéler une faille, un désir mal orienté, une volonté de saisir ce qui ne peut l’être. Il est cette part de nous qui veut contrôler, comprendre, s’emparer au lieu de recevoir.
Mais le serpent est aussi, dans d’autres passages, signe de guérison et de transformation : Moïse dresse un serpent de bronze dans le désert, et ceux qui le regardent avec confiance sont relevés (Nombres 21,9).
Le serpent représente donc cette énergie vitale qui, si elle est déviée, devient enfermement, mais qui, transfigurée, peut devenir mouvement de conscience, traversée vers une sagesse plus profonde.
En nous, il est le feu du désir, qui peut nous brûler ou nous transformer. Il est à accueillir, non à craindre, à reconnaître sans s’y identifier. Car ce qui séduit peut aussi éveiller, s’il nous conduit à plus de vérité.
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