Manuel Coley, en chemin vers une pause

Pendant de nombreuses années, Manuel Coley a accompagné la Maison bleu ciel par ses retraites de « chant et silence », où la voix, le souffle et le silence deviennent chemins vers l’Essentiel. Il a aussi contribué de près à la réflexion sur l’identité et les orientations de la Maison. Il entre aujourd’hui dans une pause. Avant cela, deux retraites en 2026 offrent encore la possibilité de cheminer avec lui, en lien avec Brigitte Douxchamps et Michel‑Maxime Egger.

Depuis des années, la Maison bleu ciel a la joie de compter parmi ses compagnons de route Manuel Coley, chef de chœur, compositeur, artisan du chant intérieur et marcheur de longue date sur les chemins de la méditation. Ses retraites, week-ends et journées de « chant et silence » ont marqué le parcours de beaucoup d’entre nous. Avec lui, nous avons exploré la voix, le souffle, le corps, le silence, comme autant de chemins vers la Source. Son approche ne cherche ni la performance ni le spectaculaire. Elle nous aide à dire, avec notre corps et notre cœur, ce qui souvent restait sans mots.

Manuel n’a pas seulement animé des stages ; il a aussi pris part très tôt à la vie de la Maison bleu ciel elle-même. Très vite dans les débuts, il a rejoint le groupe de coordination et a contribué activement à la réflexion autour de la définition de la Maison, de son organisation et du choix des propositions offertes. Il reste d’ailleurs aujourd’hui en périphérie, comme membre du groupe de réflexion élargi pour parler des grandes orientations et des questions de fond. Son empreinte traverse ainsi autant les chants que la manière de concevoir la Maison.

Après toutes ces années d’animation, à la Maison bleu ciel et ailleurs, Manuel a décidé de faire une pause. C’est une page qui se tourne doucement. Ceux et celles qui l’ont rencontré savent la qualité de présence qu’il offre, la finesse de son écoute, la manière dont il laisse naître le chant à partir du silence. Pour lui, « la polyphonie, c’est des mélodies différentes pour un ensemble cohérent… une très belle métaphore du vivre ensemble ». Il se décrit volontiers ainsi: « Je ne suis pas accompagnateur, je ne suis pas thérapeute. Je suis marcheur. Et ma plus grande joie, c’est de partager ça avec des compagnons et des compagnes de chemin. »

Le silence tient une place centrale dans sa manière d’enseigner. « Le silence, ce n’est pas rien. C’est un lieu. Un lieu de naissance. » À partir de là peuvent émerger la gratitude, l’attention, le lien. « Ce qui vient en premier quand on écoute profondément, c’est la gratitude. Et la gratitude, c’est un acte politique. » Dans cette manière de parler se reconnaît quelque chose de sa façon de tenir ensemble intériorité, relation aux autres et conscience des enjeux du monde. Ses propositions à la Maison bleu ciel ont souvent été des lieux où cette articulation devenait sensible, presque tangible.

Pour beaucoup d’entre nous, ses chants sont devenus familiers. Ils résonnent dans nos groupes et dans nos méditations. Ils font désormais partie du répertoire chanté de la Maison bleu ciel et commencent à circuler dans d’autres lieux, d’autres paroisses, d’autres communautés ou monastères. La plupart de ses chants sont accessibles sous forme de partitions et enregistrements dans notre espace ressources. Même si Manuel se met en retrait de l’animation régulière, son empreinte restera bien présente dans la vie de la Maison.

Avant cette pause, il est encore possible de le retrouver lors de deux retraites qu’il co-animera en 2026 :

  • La première, « Murmures d’Évangile », se vivra du 26 au 30 août 2026 à l’ancienne chartreuse de La Part-Dieu, en Gruyère, avec Brigitte Douxchamps. Retraite en silence, elle propose de laisser la Parole résonner dans la chair, en s’ouvrant à ce souffle qui nous habite à travers la méditation, le chant, la danse, l’exploration corporelle et vocale, les apports méditatifs et des temps de partage. Le silence donne à ces jours une profondeur particulière, soutenue par quelques cercles de parole. Aucun prérequis musical, vocal ou corporel n’est nécessaire, il suffit de venir comme on est.
  • La seconde, « Voix de la Terre, voix humaines », du 12 au 15 novembre 2026 à la communauté de Montmirail (Thielle-Wavre, Neuchâtel), est portée par la rencontre entre Manuel Coley et Michel‑Maxime Egger. Certain-es parmi nous connaissent déjà leur manière de faire travailler ensemble chant, intériorité et conscience écologique; pour d’autres, ce sera peut-être l’occasion de les découvrir. Cette retraite écospirituelle articule chant, silence, pratiques corporelles, temps dans la nature et apports autour de la transition intérieure, pour ouvrir une autre façon de regarder la Création et de s’y situer. Là encore, aucun prérequis musical ou vocal n’est demandé.

Ces deux retraites sont des occasions précieuses pour rencontrer ou retrouver Manuel avant sa pause, pour poursuivre le chemin avec Brigitte Douxchamps et Michel‑Maxime Egger, et pour laisser l’Essentiel se dire un peu plus clairement en soi.