Quand la croix nous dévoile à nous-mêmes

Relire le récit de la passion au-delà du sacrifice et de la culpabilité

Quel est le sens de la croix aujourd’hui ? Pour beaucoup, le récit de la passion du Christ est devenu presque inaudible, parce que les structures religieuses historiques l’ont depuis longtemps raconté dans un registre sacrificiel, culpabilisant, sanguinolent: un homme qui souffre et meurt pour payer à notre place la dette d’un Dieu présenté comme séparé de ses enfants à cause de leur péché. Son sacrifice devient alors le passage essentiel pour les réconcilier avec lui. À force d’entendre cela, les générations chrétiennes suivantes  ont perdu de vue ce qui en faisait le cœur: le chemin d’un homme qui, au milieu d’une société de séparations, reste accordé jusqu’au bout à son expérience intérieure de l’unité de tous les vivants. Yeshoua fait souffler un vent d’ouverture où il n’y a plus ni homme ni femme, ni dedans ni dehors, ni terre ni ciel, ni peuple supérieur ni peuple inférieur, mais une seule Vie qui traverse toutes les différences. Dans cette perspective, blesser l’autre, la Terre ou soi-même, ce n’est plus toucher trois réalités différentes, c’est blesser la même Vie qui nous traverse. Cette manière d’exister se heurte aux pouvoirs, aux habitudes, au patriarcat, aux systèmes religieux qui tiennent à leurs frontières. Il choisit pourtant d’aller jusqu’au bout de ce qu’il ressent profondément, intuitivement, même si cela le conduit à la mort, parce que même la mort n’a plus vraiment prise sur cette liberté intérieure qui se sait portée par la Vie. Dans cette lumière, la croix n’est plus d’abord le symbole d’un sacrifice exigé, mais ce moment où notre ancienne manière de vivre sous la peur et le contrôle se défait, et où peut naître en nous une existence plus unifiée, où les séparations perdent de leur pouvoir et où la Vie circule plus librement.

Quand la croix ne parle plus

Quand il est question de la croix du Christ, beaucoup d’images lourdes ou confuses peuvent surgir. Pour certain·es, cela évoque la souffrance, la culpabilité, une vision sacrificielle de l’existence. Pour d’autres, c’est quelque chose de lointain, associé à un univers religieux qui ne parle plus vraiment, ou plus du tout. Pour d’autres enfin, c’est un lieu de réconciliation où le sacrifice d’un seul efface la faute de tous et restaure le lien avec Dieu.

Il y a peut-être en moi une part qui dit: « La croix, je préfère ne pas m’y intéresser », ou même: « Tout ce langage-là, je l’ai écarté pour me protéger », et une autre qui murmure pourtant: « J’ai l’intuition qu’il y a là quelque chose pour moi. » Et si la croix nous parlait autrement ? Et si elle disait quelque chose de très proche de notre expérience, de ce qui se joue en nous et entre nous, dans nos relations, dans nos peurs, dans nos élans aussi, souvent discrets mais bien réels ?

Pour beaucoup, la croix rime avec culpabilité, avec l’idée qu’il faudrait souffrir pour mériter d’être aimé, comme si quelque chose en nous devait être réparé, racheté, réhabilité, et comme si l’amour devait toujours passer par un prix sacrificiel à payer. Le « péché » devient alors une faute morale à corriger, le « salut » une récompense pour plus tard, la croix une charge à endurer. Résonne parfois cette pensée : « Jésus a aussi souffert, alors je souffre comme lui, je subis, c’est mon destin d’humain », ou encore: « Il faut porter sa croix sans se plaindre. » Parler ainsi finit souvent par refermer le lien au Divin plutôt que de l’ouvrir: cela installe une vision de l’existence marquée par la dette et la menace, où l’on cherche à être à la hauteur, ou à éviter de ne pas l’être. C’est tout un imaginaire sacrificiel qui s’installe, dépeignant un univers où tout se règle par le mérite et le prix à payer.

On peut alors se demander pourquoi cette version sacrificielle – « il fallait qu’il meure pour payer à notre place » – a pris autant de place. Certaines théologiennes féministes et écoféministes1, parmi d’autres voix critiques, ont montré qu’elle collait bien à un monde marqué par le patriarcat, la domination et la culpabilité. Elle justifiait plus facilement l’obéissance, la souffrance acceptée, la soumission à des autorités présentées comme voulues par le Divin. On pouvait dire à celles et ceux qui souffraient: « Regarde Jésus, lui aussi a accepté; à toi de porter ta croix. »

Dans ce cadre, la croix devient l’image d’un Dieu qui réclame un prix et d’un Fils qui obéit jusqu’à supporter la violence. Trop souvent, les chrétiens n’ont pas échappé à ce retournement du sens de la croix: en se réclamant du Christ, ils ont parfois cherché d’autres coupables – « les hommes de la Loi », « les Juifs », « les autres » – au lieu de reconnaître que cette logique de la croix traverse toute l’humanité, eux compris. Choisir le Christ, pourtant, ce n’est pas désigner un nouveau responsable: c’est apprendre à vivre à partir des repères de relation, de justice et d’accueil qu’il propose.

Une telle lecture a servi, parfois sans le vouloir, à maintenir des rapports de pouvoir: elle a sacralisé la souffrance de celles et ceux qui sont tout en bas, au lieu de dévoiler la violence qui produit cette souffrance. C’est justement une autre lecture que j’aimerais vous proposer ici: non pas la croix comme prix à payer à un Dieu offensé, mais comme révélation de ce qui se passe quand une vie unifiée se heurte à nos peurs et à nos enfermements.

Une vie accordée à l’Unité

On peut alors entendre la mort de Yeshoua autrement: il ne s’agit plus d’un prix à payer à un Dieu blessé, mais de la conséquence, dans cette société, d’une vie engagée à libérer des codes qui enferment et à rassembler ce qui avait été séparé. Yeshoua choisit de vivre à partir de l’Unité. Les Évangiles montrent que cette Unité n’est pas un long fleuve tranquille: elle conduit souvent à l’exclusion du système, parfois à une mort très concrète. La croix devient alors comme un miroir: elle montre comment réagit un monde fondé sur la peur et la domination face à une existence qui ne joue plus ce jeu-là et, en même temps, elle laisse déjà pressentir une force, un courage, une joie que la violence ne peut pas atteindre.

Dans les évangiles, la croix n’efface pas la vie de Yeshoua, elle en est la conséquence presque logique dans une société structurée par la séparation, la dogmatisation et l’exclusion. Sa manière de vivre, de rencontrer, de regarder était devenue insupportable pour certains. Yeshoua a transgressé les codes religieux et les frontières sociales: il a partagé la table avec celles et ceux qu’on tenait à distance, touché les corps déclarés impurs, parlé avec celles et ceux qu’on faisait taire. Il a laissé une place inédite à des femmes qu’un système patriarcal reléguait au second plan, il a traversé les lignes tracées entre « justes » et « injustes », entre « dedans » et « dehors ». Il a remis au centre des personnes marginalisées, et rappelé à chacun·e une dignité qui ne dépendait pas du mérite ni du statut.

Il se sentait relié à la Source de toute vie, comme à un ciel intérieur, lui qui pouvait dire: « Le Père et moi, nous sommes un. » Là où certains multipliaient les séparations, il faisait passer à l’unité. Là où tout refermait, il ouvrait un espace. En somme, il a ouvert l’horizontal et le vertical: les relations entre les êtres, et cette profondeur intérieure où tout se relie. Il faisait sentir, dans ses gestes et ses paroles, qu’il n’y a plus « ceux qui comptent » et « ceux qui ne comptent pas », plus les « dedans » et les « dehors », mais la même Vie qui habite tous les êtres.

Tout cela partait d’un autre centre de gravité en lui: ce Je suis, cette Source d’Unité entre l’humain et l’Au-delà de tout. Pour lui, ce n’était pas une idée ou un concept, mais un lieu intérieur à partir duquel il vivait. On pourrait dire qu’il se goûtait Un avec la Source, et que c’est à partir de ce goût d’Unité qu’il parlait, agissait, rencontrait, et traversait les séparations que nous croyons définitives. Au lieu de sacraliser les frontières, il les traversait; au lieu de durcir les identités, il les reliait. Il a préféré vivre cette connexion à l’Unité plutôt que de s’adapter à ce que la société attendait de lui: la force, la joie, la vie qui circulait en lui étaient plus grandes que la peur de déplaire. Il a refusé de se renier lui-même et de renier ce qu’il était. « Mon Royaume n’est pas de ce monde », dira-t-il.

Quand le système résiste

Mais c’en était trop pour l’ordre établi. Peu à peu, l’opposition s’est cristallisée autour de sa personne. Ce qu’il révélait de liberté intérieure et d’unification devenait trop dérangeant pour un système qui avait besoin de frontières nettes et de rôles bien distribués. Le mécanisme du bouc émissaire se met en place: les tensions, les peurs, les intérêts blessés cherchent un visage sur lequel se concentrer, et ce visage devient celui de Yeshoua. Il devient celui qui reçoit les projections de ce que tous refusent de voir en eux-mêmes, celui dont les voix accusatrices répètent : “C’est à cause de lui que tout se dérègle.” » Des malaises diffus se rassemblent sur une seule figure: on espère retrouver la paix en l’éliminant.

Une telle manière de vivre – relier, remettre au centre, traverser les frontières – entre très vite en conflit avec un monde organisé par la peur, le contrôle et la domination. Parce qu’une vie qui relie ainsi, en profondeur, vient forcément bousculer les frontières sur lesquelles reposent nos sécurités. Une existence qui ne fonctionne plus sur la séparation et la rivalité devient vite dérangeante pour un système qui se tient grâce à ces ressorts-là. Dans les évangiles, les autorités religieuses s’alarment : « Si nous le laissons faire, tout va nous échapper », même si quelques-uns étaient touchés en secret par ce qu’il dégageait.

La mort de Yeshoua n’était donc pas le projet d’un Dieu pour qui l’amour se mérite ou se paie. Elle est la conséquence prévisible d’une vie reliée qui se fait la voix de l’Un, habitée par le désir de libérer et d’unifier. Là où quelque chose s’ouvre, des résistances apparaissent; quand une présence réconcilie, certains pouvoirs se crispent; quand une parole libère, des intérêts se sentent menacés.

À ce stade, une question peut se lever en nous: « Fallait-il vraiment qu’il meure pour tout cela ? » Une part de nous peut rêver d’un scénario où Yeshoua aurait été reconnu, écouté, accueilli, sans passer par la croix. En réalité, rien, dans l’absolu, n’imposait que cela aille jusque-là: ce n’est pas la Source qui avait besoin de sa mort, c’est le monde tel qu’il fonctionne qui n’a pas supporté sa manière de vivre.

On pourrait dire que la croix n’est pas nécessaire du côté de la Source, mais qu’elle devient presque inévitable dans un univers façonné par la séparation. Et c’est là que quelque chose se révèle: même au cœur de ce refus, la Présence ne se retire pas, elle reste là, elle traverse ce qui se ferme et ouvre, au plus obscur, un passage vers une vie unifiée. Yeshoua vient redonner le choix d’une liberté: celle d’un autre Royaume, d’un espace où il devient possible de vivre à partir de la Source, du Souffle.

Dans cette manière de voir, la croix devient un miroir tendu à l’humanité: elle dévoile jusqu’où peut aller la logique de séparation quand elle refuse de se laisser transformer. Elle montre aussi pourquoi l’humain a si peur de vivre à partir de ses intuitions les plus profondes: il redoute l’exclusion. C’est pourquoi Yeshoua parle d’un autre Royaume, d’une autre reliance qui n’est pas l’appartenance à un groupe fondé sur la domination, mais l’entrée dans une autre manière d’être en lien avec soi et avec les autres.

Jusque dans la souffrance et la mort, Yeshoua a continué de porter cette autre manière de vie. Il a traversé la peur, l’abandon, le sentiment d’être livré à la nuit, mais sans renvoyer la violence qu’il subissait. Alors que tout semblait contre lui, il n’a répondu ni par la haine ni par la vengeance, comme si même la peur de l’exclusion totale, la mise à mort, n’avait plus prise sur cette liberté intérieure qu’il habitait. Au pied de la croix, c’est l’ensemble de notre être – parts blessées, parts violentes, et cette part plus profonde qui aspire à l’Unité – qui est invité à se montrer pour être vues et, peu à peu, réconciliées, pour entrer elles aussi dans un mouvement d’unification.

De la séparation à la reliance

Pourquoi dit-on alors qu’il a porté nos péchés sur la croix ? Depuis longtemps, on a souvent dit aussi qu’il est « mort pour nos péchés ». De nombreux discours chrétiens ont présenté cela comme la plus grande preuve d’amour: un Dieu qui sacrifierait son Fils pour payer à notre place. Mais un amour qui doit faire mourir quelqu’un pour pouvoir pardonner ressemble davantage à notre logique de dette et de compensation qu’à la Présence sans condition que Yeshoua laisse pressentir. Pris trop vite, cela peut laisser penser que Dieu aurait eu besoin de sa souffrance pour nous pardonner, comme si un Dieu offensé devait être apaisé par un sacrifice. Une telle image ne dit plus le cœur de l’Évangile.

Dans une perspective non-duelle, le « péché » peut se comprendre comme l’oubli de notre appartenance à l’Un: le fait de nous croire séparés de la Source, des autres et même de nous-mêmes, comme si chacun devait vivre isolé, sans voir qu’il est porté par la même Vie que tout le vivant. Dire qu’il « porte nos péchés » ne veut alors plus dire qu’il paie à notre place, mais qu’il rejoint jusqu’au bout cette manière séparée d’exister, pour en dévoiler la logique de l’intérieur.

Cette séparation prend des visages très concrets: séparation entre humains et nature, comme si la Terre n’était qu’un décor à exploiter; séparation entre masculin et féminin, où l’un prend toute la place et l’autre est minoré; séparation entre ceux qui « savent » et ceux qui doivent se taire. Elle ne se voit pas toujours de manière spectaculaire: elle se glisse dans nos comparaisons, nos peurs, nos jugements, dans ces moments où nous nous coupons de nous-mêmes ou des autres. Poussée à bout, cette logique conduit à la mise à mort de celui qui vivait à partir d’un autre centre. Sur la croix, Yeshoua en porte les conséquences jusqu’au bout, pour en dévoiler l’impasse et laisser apparaître une autre voie, une voie d’unification et de réconciliation.

En quoi la croix sauve le monde ? Un certain discours chrétien a souvent parlé de « salut » comme d’une récompense obtenue plus tard, après la mort, à condition de croire comme il faut ou de se conduire comme il faut. Là encore, c’est cette image-là que nous questionons: un Dieu qui tiendrait la note des bons points d’un côté, un enfer ou un ciel de l’autre, et une croix placée au milieu comme passage obligé.

Vu d’une approche non-duelle, le salut n’est plus une récompense pour plus tard, mais une guérison du regard, une sortie progressive de la logique du bouc émissaire, une redécouverte de la reliance. Il ne s’agit plus d’être sauvé d’un dieu dangereux, mais d’être libéré de ce qui nous enferme dans la peur et la comparaison, pour goûter la Source déjà là, même discrètement, et laisser cette Source unifier ce qui en nous était dispersé. Peu à peu, il devient possible de voir autrement, de ne plus projeter aussi vite, de laisser de la place à ce qui est là, en soi comme chez l’autre. Une part en nous peut continuer à avoir peur, une autre peut apprendre à regarder cette peur avec plus de douceur.

De la croix à la résurrection intérieure

Et la résurrection alors ? Elle ne vient pas effacer la croix, mais en dévoiler la profondeur. Ce que Yeshoua a vécu et transmis, cette confiance en une Unité plus forte que les séparations, se révèle plus fort que la mort. Pour celles et ceux qui l’aimaient, quelque chose bascule: ils découvrent que la Présence qui les faisait vivre avec lui ne dépend pas de sa seule visibilité extérieure, elle les rejoint désormais au dedans, dans un espace qu’ils n’avaient peut-être pas encore reconnu. À ce moment‑là, une nouvelle part d’eux‑mêmes s’éveille, plus proche du Je suis que Yeshoua révélait, comme s’ils découvraient, à même leur propre cœur, ce goût d’être Un avec la Présence qui les portait déjà.  La résurrection devient alors ce déplacement intérieur où l’on commence à voir la croix autrement, non comme l’échec d’une vie, mais comme le point extrême où, dans ce monde, une existence unifiée affronte la violence sans renoncer à cette Unité.

Ainsi comprise, la croix parle aussi de nous. Elle met en lumière nos peurs, nos rivalités, notre besoin de contrôle, mais aussi ce désir d’unité qui ne fait pas de bruit, mais qui ne disparaît pas. Elle montre comment, parfois, nous sacrifions ce qui nous libère pour protéger ce qui nous rassure: en laissant vivre des schémas patriarcaux qui blessent les femmes comme les hommes, en participant à une manière de faire qui épuise la Terre tout en épuisant nos propres corps.

Et en même temps, elle entrouvre un autre possible, sans nous condamner. Regarder la croix de cette façon, c’est accepter de se laisser dévoiler, avec toutes nos parts, mais c’est aussi entendre une bonne nouvelle. La même Unité qui habitait Yeshoua demeure accessible, une Unité qui traverse nos différences sans les effacer et qui nous relie au-delà de toutes les oppositions. Même là où nous nous croyons séparé·es, l’Infini ne se retire pas. La croix devient alors le signe paradoxal de ce passage: là où la logique de ce monde élimine une vie unifiante, l’Infini continue de nous rejoindre et d’ouvrir, au cœur même de nos séparations – entre femmes et hommes, entre humains et nature, entre nous et nous-mêmes, entre le ciel et la terre – un chemin d’unification et de reliance.

La résurrection nous invite à aller au-delà de la peur de l’exclusion. Elle nous dit: il existe une autre réalité possible, une autre reliance, un autre Royaume; même si vous êtes rejeté·es par certains groupes, vous ne perdez pas la Vie. Peut-être qu’il existe aussi, parmi nous, beaucoup de « morts-vivants »: des personnes qui semblent bien intégrées dans la société, mais qui se sentent coupées d’elles-mêmes.

Au niveau de notre intériorité, la croix devient ce moment où nous pouvons faire le point sur toutes ces peurs, ces choix d’adaptation, ces parts blessées par les groupes et la société, nos peurs d’exclusion et toutes les fois où nous avons renoncé à ce qui était précieux pour nous. Nous nous sommes adaptés au groupe, et peut-être avons-nous, nous aussi, mis au banc des accusés des élans, des intuitions, des rêves.

Questions pour un dialogue intérieur

  • Quand j’entends le mot « croix », qu’est-ce qui se passe en moi ? Est-ce qu’une part se ferme, a peur, se fâche, est curieuse, espère autre chose ?
  • Quelle part de moi joue le rôle du « système » qui résiste au changement, qui préfère garder ses habitudes plutôt que laisser quelque chose s’ouvrir ?
  • Quelle est l’invitation que je ressens quand je repense à la croix ? Est-ce qu’il y a en moi quelque chose de plus vivant que la peur qui se réveille ?
  • Y a-t-il en moi une part « bouc émissaire », que je critique, que je mets de côté, alors qu’elle aurait besoin d’écoute et de reconnaissance ?
  • Si je me laisse toucher par l’attitude de Yeshoua sur la croix (ne pas renvoyer la violence, rester ancré dans la reliance), quelle part de moi se sent rejointe, et quelle part a peur de vivre ainsi ?
  • Quelles parts de moi suis-je en train de clouer dehors ? Quand une part de moi dérange, suis-je tenté de la juger ou de la mettre à distance ? Quand je me dis: « Cette colère, cette fragilité, ce désir, ce n’est pas moi », n’y a-t-il pas justement là quelque chose qui demande à être écouté ?

Anne-Dorcas & Nils Phldius, mars 2026


Note

  1. Pour une présentation accessible des critiques écoféministes de certaines images patriarcales de Dieu et de la tradition chrétienne, voir notamment Charlotte Luyckx et Michel Maxime Egger (dir.), Gaïa et Dieu.e. Un écoféminisme chrétien est possible, Paris, Éditions de l’Atelier, 2025 ↩︎

2 commentaires à propos de “Quand la croix nous dévoile à nous-mêmes”

  1. Merci infiniment pour cette longue et riche réflexion sur la croix. Elle me rejoint tellement, je vais en faire mon fil conducteur pour cette semaine sainte. J’en ai bien pour toute la semaine !
    Encore un profond MERCI !
    Brigitte d’Oyonnax en France; je fais partie de la communauté des « méditants chrétiens », voie de prière retrouvée par John Main, et je vais certainement diffuser votre réflexion parmi quelques uns de mes ami(e)s.

    1. Merci beaucoup, Brigitte, pour votre message.
      Savoir que ce texte peut vous accompagner tout au long de la Semaine sainte est un vrai encouragement.
      Merci d’avance si vous partagez cette réflexion autour de vous. Je vous souhaite une Semaine sainte habitée en profondeur, toute simple et unifiante.

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