Des résistances sur le chemin
Lorsque nous avançons vers notre centre, en choisissant de laisser la vie croître en nous, nous rencontrons parfois des résistances. Comme si certaines parts de nous-mêmes refusaient d’aller vers la lumière, murmurant en nous : « Non, je ne veux pas de la vie. »
Ce sont des restes du vieil humain en nous, des programmations anciennes, des mémoires qui agissent parfois à notre insu. Pour traverser ces résistances, l’apôtre Paul parlait de « se revêtir de l’humain nouveau », celui qui vit selon sa véritable nature.
Jésus, lui, disait qu’il faut « se repentir », ou plutôt, si l’on revient au sens premier du mot hébreu têchouva, « faire retour » : revenir à soi, à son centre.
Mais ces mots ont été chargés de culpabilité au fil des siècles. Pour qu’ils puissent retrouver leur puissance libératrice, il faut d’abord les débarrasser des couches de fausses interprétations et des poids inutiles qu’on leur a ajoutés. Ce chemin n’a jamais été une voie de souffrance, mais une déprogrammation du vieil humain en nous, un retour vers la joie et la liberté.
Et si, au lieu de « se repentir », nous choisissions de nous re-penter ? C’est-à-dire retrouver la pente naturelle de la joie en nous, au lieu de glisser du côté du découragement ou de la tristesse.

La pente de la vie
Très souvent, nous nous sentons comme en équilibre sur une crête. Une simple inclinaison intérieure peut nous faire basculer d’un côté ou de l’autre. Nous pouvons glisser dans la tristesse, l’auto-sabotage, la fermeture… mais nous pouvons aussi nous tourner vers la vie, nous incliner vers la lumière.
Dans cette perspective, la « repentance » n’est pas une affaire de culpabilité ou de remords, mais un changement d’orientation : changer de pente, se re-penter vers la lumière.
C’est un choix qui se joue dans l’instant, dans la manière dont nous accueillons ce qui émerge en nous. Et pour retrouver la bonne inclinaison, il faut parfois prendre le temps d’écouter ce qui en nous dit non.
Le fils qui disait non
Jésus raconte une parabole qui éclaire ce processus :
Un homme avait deux fils. Il s’adressa au premier et lui dit : « Mon enfant, va travailler dans la vigne aujourd’hui. » Celui-ci répondit : « Je ne veux pas. » Mais plus tard, il se repentit et y alla.
Il s’adressa alors au second et lui dit la même chose. Celui-ci répondit : « Oui, maître. » Mais il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ?
Le premier fils a d’abord refusé. Mais ensuite, quelque chose en lui a changé. Peut-être a-t-il pris le temps d’écouter pourquoi il disait non. Peut-être a-t-il reconnu une résistance intérieure, une peur, une lassitude… et il lui a laissé de l’espace. Puis, une fois cette part de lui entendue, il a pu choisir de ne pas lui laisser toute la place.
C’est cela, la véritable métanoïa – le mot grec que nous traduisons par « repentance » : un changement de regard, une transformation intérieure qui nous ouvre à une autre manière d’être.
Revenir à la joie profonde
Il est parfois important d’accueillir nos résistances, leur donner de l’attention, mais elles ne doivent pas avoir le dernier mot. Si elles deviennent enfermantes, il est temps de leur dire stop.
Nous sommes appelés à la lumière, à la joie profonde du Royaume. Nous sommes faits pour goûter l’éternité de l’Essentiel au cœur même de notre vie.
Se re-penter, c’est choisir chaque jour, à chaque instant, d’incliner notre être vers la Vie, de laisser grandir en nous la lumière, la liberté et la joie.
C’est cela, la véritable Bonne Nouvelle du Christ.
Nils Phildius, 2 octobre 2023
Pour aller plus loin, vous pouvez regarder la vidéo de l’Heure bleu ciel sur ce thème